Décès de Nam June Paik

31 janvier 2006 0 Par

L’inventeur de l’art vidéo, Nam June Paik, est mort à 73 ans.

Il avait su bidouiller une forme d’art inédite, à base de téléviseurs, d’images et de sons, inspirée de l’esprit Dada. Nam June Paik, artiste américain d’origine coréenne, est mort dimanche à son domicile de Miami.
Né à Séoul le 20 juin 1932, Nam June Paik avait étudié l’histoire de l’art et de la musique au Japon. Il fit ensuite un voyage en Allemagne où il rencontra Stockhausen. En 1958, il se lie d’amitié avec John Cage, qui l’entraîne dans le mouvement anti-art Fluxus. Il collabore alors sur des happenings avec Cunningham, Ginsberg, Julian Beck…. «Nous étions une trentaine, sans mécène, sans structure, sans philanthrope, sans organisation du genre Parti communiste, sans jalousie» (Libération du 30 août 1995).

Il particicpe à l’exposition de Fluxus à Wiesbaden aux côtés de Beuys, John Cage et George Maciunas. Il se transforme en violoncelle humain, sur lequel Charlotte Moorman passe son archet en 1965.
Nam June Paik expose Distorted TV, treize téléviseurs diffusant le même programme dans treize versions différentes (chacun ayant subi une déformation par électro-animation).

A New York, il construit en 1964 l’un de ses premiers robots, Robot K-456, qui parle en marchant. On se souviendra de ses installations comme TV Clock en 1963 ou Moon is the Oldiest TV en 1965.
En 1974, il réalise TV Garden, un jardin japonais à échelle américaine dans lequel sont dispersés des téléviseurs diffusant chacun des programme mixés par Nam June Paik et qui apparaissent au milieu des plantes, qui paraissent aussi artificielles que les téléviseurs. TV Garden sera exposé à la Dokumenta de Kassel en 1977, à Beaubourg en 1978, et à la rétrospective Paik au Whitney Museum de New York en 1982.
Nam June Paik est également l’un des premiers à avoir tenter de diffuser l’art par satellite l’échelle internationale (Europe, Etats-Unis, Corée) avec son installation Bonjour Monsieur Orwell, à Beaubourg en 1984.

Paik disait : «D’abord j’étais un mauvais peintre. (…) Ensuite, je ne voulais être ni politicien ni homme d’affaires. Avec la politique, on risque la prison et les affaires sont souvent sales. Je préférais être artiste, vivre une vie d’artiste. Dans mon esprit, cela permettait de me coucher tard et d’avoir la belle vie.»(Libération)