2e Nuit solidaire pour le logement

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Le Collectif des associations unies organise une 2e Nuit solidaire pour le logement le vendredi 27 novembre 2009
à Paris, Place de la Bastille, et à Marseille, Toulouse, Lille, Strasbourg…

A Paris, cette manifestation sera ponctuée de concerts, d’animations, de rencontres
avec les associations, de témoignages…Avec la présence sur scène de Cali vs the
Hyenes, Tcheky Karyo, Le Petit Dernier, Pierre Souchon, Neeskens, Daguerre, HK
et les Saltimbanques et de nombreux autres artistes et personnalités (Marie-
Christine Barrault,…) qui, par solidarité avec les personnes à la rue et mal logées,
interviendront tout au long de la soirée.
Cette 2e Nuit solidaire pour le logement se veut festive, mais aussi et surtout un lieu
d’alerte et d’interpellation. Afin de témoigner de la violence de la crise du logement
en France et d’interpeller les pouvoirs publics sur leur devoir d’agir vite sur une
situation qui crée tous les jours de plus en plus de misère sociale.

Le Collectif déplore une crise du logement qui ne cesse de s’amplifier
10 millions de personnes sont aujourd’hui touchées par la crise du logement. Parmi elles, 3,5 millions de personnes
n’ont pas de logement ou sont très mal logées : certaines vivent à la rue, dans des cabanons, des caves, en camping, mobile
home, à l’hôtel ou en foyer d’hébergement ; d’autres occupent un logement dans des conditions très difficiles (logements
indignes, insalubres, dangereux, surpeuplés, etc.) ou sont en situation précaire (ménages sans droit ni titre suite à une
décision de justice prononçant l’expulsion)… Au-delà de ces problématiques extrêmes de mal-logement, ce sont 6,5 millions
de personnes qui sont en situation de réelle fragilité : impayés de loyers, hébergement chez des tiers, logement en
copropriétés dégradées nécessitant une intervention publique… Autant de situations qui présentent à court ou moyen terme
le risque de faire basculer les ménages dans la catégorie des grands exclus du logement.
La crise du logement aujourd’hui touche aussi les classes moyennes. Face à la flambée des loyers et des charges, de
nombreux ménages consacrent une part toujours plus importante de leur budget au logement : 25 % en moyenne (contre
13% pour l’alimentation, alors que la situation était inverse au début des années 1980), et jusqu’à 40 % voire 50 % pour les
catégories modestes. Alors que le nombre des ménages en situation d’impayés n’a jamais été aussi élevé (500 000 en 2006),
102 000 jugements d’expulsion ont été prononcés en 2008 et plus de 11 000 ménages ont été expulsés avec le concours de
la force publique.
Le Collectif dénonce la faiblesse de l’intervention publique dans les champs de la prévention,
de l’hébergement et du logement.
Bien que le logement et l’hébergement des personnes sans abri et mal logées soient affichés comme un grand « Chantier
national prioritaire » pour la période 2008-2012, les associations s’interrogent sur la volonté réelle de nos responsables
politiques d’impulser une politique du logement ambitieuse.
 La prévention souffre encore et toujours d’un manque de volonté politique. Alors que les associations tirent la
sonnette d’alarme face à l’augmentation des demandes d’aides et du nombre de personnes accueillies dans leurs structures,
les mesures préventives engagées aujourd’hui apparaissent bien trop faibles pour éviter demain de nouvelles catastrophes
sociales. Les associations dénoncent en outre une absence totale de stratégie interministérielle (Santé, Justice, Solidarité,
Immigration…) permettant d’assurer la continuité de la prise en charge des personnes.
 Malgré son développement, le secteur de l’hébergement est aujourd’hui en pleine embolie. Subissant de plein fouet la
crise du logement et le manque d’offre adaptée aux attentes et caractéristiques des ménages, le secteur de l’hébergement
joue trop souvent un rôle de substitut du logement, sans pouvoir assurer sa fonction initiale de sas en direction du logement.
Compte tenu du manque de places, le dispositif d’hébergement ne garantit pas l’application du « principe d’accueil
inconditionnel » pour toutes les personnes sans abri, et notamment pour les migrants exilés en souffrance dans notre pays.
De plus, alors que nous entrons dans la période hivernale, les associations dénoncent une absence de lisibilité dans les
réponses qui pourront être apportées aux personnes sans abri. Car même si le secrétaire d’Etat au logement vient de
présenter des propositions pour une refondation du dispositif, celles-ci ne répondent pas aux besoins de cet hiver. Et tout
porte à croire que, une fois de plus, les pouvoirs publics se satisferont de solutions conjoncturelles de « mise à l’abri » (dans
des gymnases ou des lits de camp), « bricolées » en urgence.
 L’offre de logements est insuffisante et inaccessible pour les ménages modestes. Alors que la loi sur le Droit au
logement opposable (DALO) est entrée en vigueur depuis près de deux ans et que les ménages non relogés ont la possibilité
depuis un an de déposer un recours auprès du Tribunal administratif, les associations dénoncent une application bien trop
limitée du DALO (seulement 46 % des ménages reconnus prioritaires ont été relogés ou hébergés). De fait, l’offre mobilisée
demeure très nettement insuffisante pour répondre aux besoins générés par le Dalo. De même, l’offre nouvelle est
notoirement inadaptée aux ressources des ménages modestes. D’une manière générale, la production de logements sociaux
continue de privilégier l’offre « intermédiaire » (PLS), inaccessible aux ménages modestes, au détriment des logements
véritablement sociaux (PLUS) et très sociaux (PLAI) dont les ménages ont le plus besoin : le nombre des PLS a été multiplié
par 4,2 entre 2001 et 2008, tandis que celui des PLUS et PLAI était multiplié par 1,2 sur la même période.

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